Black Waves
Errance dans le darkwood.
Y a-t-il un peu de lumière, quelque part ?
“ Partager un long moment en silence avec un inconnu, se regarder en profondeur, se sourire. On sait qu'il n'y a rien à dire. Et c'est très bien comme ça.
Se prendre dans les bras, pleurer, comprendre qu'il n'y a rien à comprendre, qu'il faut retrouver la confiance, et laisser aller. Prendre une image, machinalement, pour imprimer la sensation et maintenir la pudeur. Par habitude. Puis revenir aux sensations, aussi vite que je déclenche.
Malgré tout, je m'étonne de ne pas perdre cet instinct de photographier, de me relier. Etrangement, je vois des choses inertes, des choses qui flottent, du vide. C’est nouveau, ce vide.
Pleurer, parce qu'on ne sait plus comment faire, ni pourquoi on le fait. J’ai perdu le sens et le goût des choses. J’ai plus de jus. Pourtant, à l'intérieur, ça bouillonne toujours. Ne pas pouvoir crier m'empêche, et m'englue. Mais je la sens, la rage. Elle attend à la porte.
Marcher un peu, retrouver la nécessité de manger. Retrouver les sensations dans les pieds. Regarder la mer. Observer les autres et en silence, ne faire que ça : se reconnecter, patiemment. A soi, et aux choses qui flottent. “
Thaïlande, Mars 2017.